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Club Finance ESLSCA "CHAMPS EN MUTATION : Entre Crises et Espoirs, l'Avenir de l'Agriculture Française"

30 mars 2024 Vie de l'Ecole
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EDITO : 

Au coeur du monde dynamique de la finance, le Club Finance ESLSCA (CF ESLSCA) incarne plus qu'une simple association étudiante ; il représente une véritable pépinière de talents et d'idées novatrices. Fondé en 2023, ce club est le fruit d'une ambition partagée par des étudiants passionnés issus de l'ensemble des écoles et instituts du groupe PLANETA, tous animés par une appétence marquée pour la finance.


Notre mission est ambitieuse : redéfinir les contours de la finance à travers une approche novatrice et inclusive. En organisant des conférences mensuelles, des visites d'entreprises, des compétitions de trading, ou encore des ateliers hebdomadaires tels que SKILLSHARE, le CF ESLSCA ne se contente pas d'accompagner les étudiants dans leur apprentissage académique. Il les prépare activement à relever les défis d'un secteur en perpétuelle évolution.

 

Les travaux académiques et la newsletter mensuelle du club, véritables reflets des dernières tendances du secteur, témoignent de notre engagement à offrir à nos membres les outils et les connaissances nécessaires pour naviguer avec assurance dans le monde complexe de la finance. Ces initiatives, loin d'être isolées, font partie intégrante d'une démarche pédagogique visant à équiper nos membres des "clés en main" essentielles à une carrière réussie dans la finance.

 

L'un des piliers de notre vision repose sur le renforcement du lien étudiant/Alumni, véritable atout pour le club. Cette relation privilégiée permet non seulement de transmettre un héritage de connaissances et d'expériences mais aussi de tisser un réseau solide, indispensable dans le monde professionnel. Les rencontres organisées avec l'association Alumni de l'ESLSCA enrichissent ce dialogue intergénérationnel et ouvrent des horizons nouveaux pour les étudiants, les préparant à devenir les acteurs clés de la finance de demain.


Le Club Finance ESLSCA se veut ainsi un creuset où se mêlent ambition, innovation et partage. Nous sommes déterminés à poursuivre sur cette lancée, en mettant constamment en lumière les opportunités, en façonnant les esprits critiques et en préparant nos membres à devenir des professionnels accomplis et éthiques dans le secteur de la finance.


Notre aventure ne fait que commencer, et nous invitons tous ceux qui partagent notre passion pour la finance à nous rejoindre. Ensemble, explorons les infinies possibilités qu'offre le secteur financier, armés des connaissances, de l'innovation et de l'esprit de communauté qui caractérisent le Club Finance ESLSCA.


Pour toute information complémentaire sur nos activités et comment vous impliquer, n'hésitez pas à visiter notre site internet club-finance-eslsca.fr ou à nous contacter directement via notre adresse électronique : contact@club-finance-eslsca.fr
Bien à vous,


L’équipe du Club Finance ESLSCA.

 

 

CHAMPS EN MUTATION :
Entre Crises et Espoirs, l'Avenir de l'Agriculture Française

 

Le Salon de l’Agriculture 2024 s'est conclu le 3 mars, marqué par la frustration des agriculteurs envers le gouvernement et le président, critiqués pour leur manque d'action en faveur de l'agriculture française. Malgré la fin des manifestations en janvier, les tensions restent vives, signalant que les problèmes du secteur ne sont pas résolus. Nicolas Forissier, député de l'Indre, analyse la crise persistante dans lemonde agricole.

 

 

"Il y a des agricultures et non pas une agriculture."

 

A ce jour, les blocages routiers ont été levés par les principales organisations syndicales, notamment la FNSEA et la Coordination rurale.

 

Cependant, cette levée ne signifie pas pour autant une cessation des actions. Comme l'a récemment souligné Arnaud Rousseau, les agriculteurs ont adopté une posture empreinte de dignité face à la situation. Leur mécontentement ne remonte pas à janvier, mais s'inscrit dans une durée bien plus longue, durant laquelle ils ont régulièrement alerté le gouvernement sur des problèmes structurels non résolus. La crise actuelle dépasse les simples crises sectorielles oules fluctuations des prix du blé, caractérisées par un effet de ciseaux variable selon les filières. Il convient de reconnaître la diversité de l'agriculture, qui se manifeste à travers différentes structures, puissances et tailles d'exploitations, ainsi que capacités de production. Chaque exploitation représente un cas unique, et bien que certaines problématiques concernent l'ensemble du secteur, elles ne se traduisent pas de la même manière pour tous.

Par exemple, la situation d'une exploitation pratiquant la polyculture et l'élevage dans le sud de l'Indre diffère significativement de celle d'un céréalier en Eure-et-Loir.

 

Il n'existe pas de scission au sein des syndicats agricoles, chaque organisation défendant sa propre vision politique de l'agriculture : la Confédération paysanne se positionne à gauche, tandis que la FNSEA se situe davantage à droite. Le secteur agricole adopte une approche
entrepreneuriale et libérale, tout en bénéficiant d'un soutien financier public et européen considérable. Le monde agricole constitue ainsi un secteur unique au sein de l'économie française. Les différences entre syndicats sont marquées et anciennes, illustrées notamment par la séparation de la Confédération rurale de la FNSEA, celle-ci adoptant une posture plus protectionniste et intransigeante, privilégiant moins la co-construction. Les syndicats se trouvent en confrontation constante avec les acteurs de la grande distribution, à l'image de M. Leclerc. Cependant, la logique d'entreprise et le
bon sens impliquent la nécessité d'accords mutuels, permettant aux uns de vendre, aux autres de transformer, et enfin, aux derniers de commercialiser les produits auprès des consommateurs.

 

 

"La loi EGalim a eu pour objectif de réguler tous cela et a fait en sorte de protéger le revenu de l’agriculteur".

 

La loi EGalim avait pour objectif de réguler le secteur agricole en protégeant le revenu des agriculteurs, en assurant que la formation du prix soit équitable, sans exercer de pression à la baisse sur les prix à la production. En effet, il est crucial pour les agriculteurs de ne pas vendre à perte, en dessous de leurs coûts.

 

EGalim vise à soutenir les agriculteurs et à garantir une marge minimale pour les producteurs. Des signaux d'alerte ont été émis sporadiquement par différentes filières, signalant des difficultés. Le mouvement "Le monde à l'envers", caractérisé par des panneaux de signalisation retournés, n'a pas été pris au sérieux par l'État. Malgré son apparence sympathique, ce mouvement révélait une crise profonde au sein du secteur. L'explosion du mouvement en janvier démontre que considérer la fin des manifestations comme la fin de la crise serait une erreur.

" Toutes les mesures d’urgences ne sont pas des mesures sur une échelle de temps à long terme."

Les syndicats restent en attente après des annonces certes précises, mais Arnaud Rousseau insiste sur la nécessité de mesures concrètes à la suite du Salon de l'Agriculture. Le changement dans l'application des normes, dans l'état d'esprit, et au sein des Offices Français de la Biodiversité (OFB) départementaux représente un défi majeur. La mentalité, profondément ancrée, et le fait que la majorité des décideurs ne sont plus issus du monde agricole compliquent la situation. L'influence des mouvements écologistes sur les jeunes étudiants et les nouveaux entrants sur le marché du travail soulève des questions. Au sein de l'administration, tant centrale que locale, ces personnes déconnectées des réalités du terrain ne changeront pas du jour au lendemain. Le mécontentement persiste et il est crucial pour le gouvernement de redoubler d'efforts, bien que cela ne semble pas encore prioritaire. Les normes et réglementations appliquées aux agriculteurs restent un point critique.
La situation est complexe pour le gouvernement, confronté à la pression et à une crise qui a marqué le début du mandat du nouveau Premier ministre. Cette crise, loin d'être résolue, révèle malgré tout un consensus parmi les syndicats sur le fait que les mesures d'urgence actuelles ne suffisent pas à long terme. Des actions sont nécessaires pour rééquilibrer la formation des prix, renforcer l'attractivité du secteur, encourager l'évolution des modes de production, soutenir la transition écologique et simplifier les démarches administratives et juridiques.

"Le monde politique ne dit pas certaines choses, c’est que notre vrai défi c’est le défi alimentaire mondial."

Avec l'initiative "Farm to Fork" de l'Union Européenne, l'objectif est de réduire de 15 % la production agricole européenne, en introduisant des mesures telles que l'imposition de 4 % de terres en jachère obligatoire par exploitation. Toutefois, ces normes sont mises en oeuvre sans considération pour les spécificités propres à chaque exploitation agricole. Si nous nous limitons à ces actions, nous n'aurons pas abordé la question fondamentale.

Quelle vision avons-nous du monde agricole et du rôle de l'agriculture en France et en Europe pour les trente prochaines années ?

Le débat politique omet souvent de souligner que notre principal défi est celui de la sécurité alimentaire mondiale.

 

Le véritable enjeu réside dans l'immensité du défi alimentaire qui se profile à l'horizon. Avec deux milliards de personnes supplémentaires à nourrir et des millions de nouveaux consommateurs entrant sur le marché, la production alimentaire doit augmenter considérablement. Cet objectif doit être atteint tout en préservant les ressources en eau, déjà sous pression, en protégeant les puits de carbone tels que les forêts et les prairies, et en s'efforçant de restaurer et de protéger la biodiversité. Il est également essentiel de réduire l'utilisation d'intrants chimiques, une exigence de plus en plus pressante de la société, tout en minimisant la consommation d'énergie, un impératif auquel le secteur agricole n'échappe pas.

Sans oublier la prise en compte du bien-être animal, une demande sociale croissante, non seulement en France mais dans le monde entier. Nous sommes donc face à la nécessité de produire davantage, tout en relevant d'importants défis techniques, sociétaux, scientifiques et technologiques. Une transformation profonde du secteur agricole s'impose, représentant un défi de taille. Au-delà des mesures d'urgence et des solutions à moyen terme, il est crucial de définir la vision que nous souhaitons pour le monde agricole et la place de ce secteur dans la société. Un des principaux sujets de préoccupation pour les agriculteurs est le sentiment d'être mal perçus par la société, critiqués dans les médias pour pollution, profitant de la hausse des prix des céréales, ou encore pour l'arrachage de haies afin d'accroître la surface cultivable. Cette image négative ne reflète pas la réalité ; en effet, la profession a continuellement évolué au fil des décennies en réponse aux demandes sociétales.

 

Il est essentiel de développer cette vision pour restaurer la reconnaissance, la place et le rôle des agriculteurs dans la société, et pour leur permettre de retrouver un sentiment de fierté, terme que j'ai fréquemment entendu lors des manifestations. Cette démarche est nécessaire car elle leur offre une direction, une stratégie et un défi à relever. Cela devrait positionner le monde agricole au sommet des priorités de l'État, ce qui, actuellement, n'est malheureusement pas le cas. Cette orientation n'est pas clairement exprimée, ce qui constitue le coeur du problème. Le président de la République, tout comme le Premier ministre et le ministre de l'Agriculture, devrait être à l'avant-garde pour définir et promouvoir cette vision. Face au défi alimentaire imminent, ignorer la situation serait une grave erreur. Il est crucial de poser le problème de manière explicite, de consulter les agriculteurs pour relever ensemble ce défi monumental et démotiver les générations futures. Pour y parvenir, il faut leur donner les moyens nécessaires pour abandonner l'utilisation de pesticides, les accompagner dans la transformation de leurs méthodes de production et mettre fin aux contrôles excessifs.

 

À titre d'exemple, pour nettoyer un fossé, il est nécessaire de remplir un dossier de 12 pages juste pour obtenir l'autorisation d'effectuer cette simple tâche. Un tel excès de bureaucratie peut décourager bon nombre d'entre eux. La crise agricole découle d'un manque d'écoute de la part des dirigeants. La tendance du gouvernement à adopter une approche technocratique entraîne l'application de mesures déconnectées de la réalité. Souvent, dans ce pays, les stratégies sont élaborées à rebours. Il est nécessaire de définir la stratégie de manière explicite, en rappelant des vérités qui, bien que semblant évidentes pour certains, ne sont jamais clairement exprimées.

 

La France possède un des potentiels les plus élevés au monde pour relever le défi alimentaire, grâce à son excellence agricole, la transmission de savoir-faire, l'expertise en recherche agronomique et vétérinaire, et une qualité de production parmi les meilleures au monde, y compris pour ce qui est de notre blé reconnu mondialement. Cependant, nous semblons être les seuls à ignorer cette excellence , et nous ne l'exploitons pas à sa juste valeur. L'agriculture et le secteur alimentaire devraient être replacés au coeur des priorités nationales, car ils sont essentiels pour relever à la fois le défi alimentaire et celui de la transition écologique. Il est illogique d'inverser ces priorités et de prôner un retour à des méthodes de production ancestrales. Depuis toujours, l'humanité a entretenu un dialogue avec la nature. Remettre en cause ce principe en voulant accorder des droits prédominants à la nature est absurde. Face au changement climatique, les agriculteurs sont en première ligne des répercussions. Par exemple, les bassines de rétention d'eau dans l'Indre sont une réponse adaptée à l'évolution des précipitations, permettant de stocker l'eau nécessaire.

 

Les critiques des militants écologistes, qui préconisent le retour de toute l'eau à la mer, ne prennent pas en compte les besoins en eau des agriculteurs.
En définitive, l'absence de vision claire pour le monde agricole alimente les débats actuels. Avec une vision définie, les interrogations seraient résolues, permettant ainsi au secteur agricole de s'engager dans sa transition et de se préparer à affronter le défi alimentaire global. Cette évolution dépend d'une réelle volonté politique, qui entraînera ensuite l'engagement des investisseurs et des acteurs économiques. Avec un objectif bien défini, il est plus aisé de convaincre les acteurs économiques de la pertinence de leurs investissements.

 

Baptiste DEHAY
Président du Club Finance ESLSCA

Etudiant promo 2024




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